Psychiatrie de Secteur à l'Hôpital Général

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Home Les textes des interventions Adolescents - Jeunes adultes UN CERTAIN REGARD EN PEDOPSYCHIATRIE

UN CERTAIN REGARD EN PEDOPSYCHIATRIE

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CYCLE DE FORMATION 2019

du DIMANCHE 19 MAI AU SAMEDI 25 MAI 2019 sur l'ile de Noirmoutier (85740)

Thème préparé par:

Mme Rose Marie GLATZ, Psychologue -

Mme Madeleine BOSSARD, Infirmière -

Mme Carole WALLEMME, Cadre de santé

Notes d'atelier par :

Dr Jean Paul BOYER


 

UN CERTAIN REGARD EN PEDOPSYCHIATRIE


1ère introduction au thème par la projection du film « Folle Embellie »

FOLLE EMBELLIE - Film de 2003. Réalisé par DOMINIQUE CABRERA avec MIOU MIOU, MORGAN MARINE, JEAN-PIERRE LEAUD, YOLANDE MOREAU.

Synopsis

Le mois de juin 1940. En pleine débâcle, un hôpital psychiatrique près d’Orléans est laissé à l’abandon par le personnel soignant. Livrés à eux même, les patients quittent les lieux et partent sur les routes. Ils sont guidés par Fernand, un psychopathe au comportement violent. Sa femme Alida et son fils Julien sont avec lui, ainsi que Colette, Lucie, Hélène, Florent et Henriette. Après quelques jours d’errance, tous se réfugient dans une ferme, où ils trouvent du travail pendant les moissons. Julien tombe peu à peu amoureux de Lucie et décide de lui venir en aide. Mais la période est dure et certains patients ne sont pas préparés à la vie à l’extérieur de l’établissement.(Télérama)

Le film montre comment on peut se retrouver et retrouver sa liberté quand on n’est plus à la place du malade mental(Dr JP BOYER).

2ème introduction par une présentation de l’HAPTONOMIE.

L’Haptonomie est une méthode qui permet de créer pendant la grossesse un échange entre le bébé et les deux parents et constitue une préparation à l’accouchement.C’est une technique de caresses et de contacts adressés au bébé par les parents. Elle a été mise en pratique par le médecin néerlandais Frans VELDMAN.

L’Haptonomie est le nom que l’on donne parfois à l’étude de l’affectivité (Wikipédia).

L’Haptonomie c’est « bouger le bébé dans le ventre de sa mère ».

 

Cette introduction suscite de nombreux commentaires en séance :

En périnatalité quand on parle d’un nouveau-né on parle de ses parents.

L’Haptonomie c’est ce qui passe par le corps. Ce n’est pas « viens », c’est « accompagne-moi, je suis avec toi »

Chez un enfant le « dos  n’existe pas ». Un poids (un sac à dos par exemple) lui permet de prendre conscience de son dos et de modifier sa posture.

Chez un patient « neurologique » elle permet d’obtenir une détente.

L’Haptonomie peut être utilisée chez la personne âgée.

La notion d’Haptonomie est utilisée dans le chapitre « Le nouveau-né et l’expérience des sens » de la troisième introduction où sont évoqués le « holding », Winnicott et « l’objet transitionnel » et l’expérience de la crèche de Loczy à BUDAPEST.



3ème introduction Mme Rose-Marie GLATZ, Mme Madeleine BROSSARD, Mme WALLEME.

Cf : le texte « Un certain regard en Pédopsychiatrie »



EXTRAITS DE LA DISCUSSION



Mme Rose-Marie GLATZ psychologue illustre la « place » (et la maladie) des enfants dans la famille avec le cas suivant. Elle reçoit une jeune fille de 14 ans que sa mère lui accompagne car elle l’a trouvé fumant des « joints » fait avec du thé noir, un filtre en coton le tout roulé dans du papier Kraft. L’inquiétude de la mère était renforcée par le fait que la fenêtre était ouverte. La mère était paniquée. Il faut savoir qu’une sœur ainée s’était défenestrée à l’âge de 16 ans.

La jeune fille va lui dire « moi je suis fille unique», mais également lui parler de son jeune frère qui a des « TOCS » depuis 1 an 1/2. La pathologie de la jeune fille ne parait pas évidente, la situation du frère parait plus grave. Le « moi je suis fille unique» témoigne qu’à la maison on ne parle pas de la sœur décédée.

Mme GLATZ convient avec la mère de voir le jeune frère et ce qui apparait c’est que le gamin « aide quelque chose » : il va permettre à la mère de parler car celle-ci est incapable de parler du suicide de sa fille.



Mme Catherine AURIAC psychologue évoque un « ratage » du passage de prise en charge entre la pédopsychiatrie et la psychiatrie adulte.

La rencontre avait été longuement préparée par les uns et les autres, les réflexions sur la symbolique du lieu où cela devait se tenir savamment explorées par exemple. Et puis, à l’issue de l’échange, déception, sentiment de « ratage », comme une incompréhension réciproque.

Pour l’équipe de psychiatrie adulte le sentiment était « mais qu’est-ce qu’ils ont fait en pédopsychiatrie ? Ils ont vu des capacités qu’il n’avait pas. Ils ne l’ont pas vu comme « patient ». Qu’est-ce qu’il va devenir quand il n’y aura plus les parents ?



On « connait » les réponses qu’apporte la pédopsychiatrie dans cette situation, remarques qui ont été réitérées en séance.

Chez l’enfant il n’y a pas d’organisation fixée. Les petites avancées sont quelque chose d’important. On a le sentiment qu’il y a toujours une dynamique. On n’est pas dans le « handicap ».

Pour le Dr Martial PROUHEZE qui a peut-être une position plus « transversale » de par ses interventions en addictologie et au CARUD la question du relais doit être posée dès l’admission, envisagée et si possible expliquée au patient.

Le Dr Joëlle DELORENZI pointe la question de la «demande». Si les discours de la pédopsychiatrie et de la psychiatrie adulte ne peuvent pas se « rejoindre » c’est parce qu’en pédopsychiatrie la « demande »  est le fait des parents alors qu’en psychiatrie adulte elle est réputée émaner du patient.

Quelque part c’est la question de la nécessaire continuité de la prise en charge qui est posée, et peut être la question de la « continuité » de la pathologie.

Et le Dr Jean-Paul BOYER illustre ce dernier point avec la psychiatrie de la personne âgée où l’on peut assister à des décompensations psychiatriques, délirantes même, avec la prise d’âge, chez des personnes qui n’ont jamais souffert de maladie mentale.



La fin de la discussion est une transition avec la séance du lendemain où le Dr Anne PARIAUD MARTIN et Mme Françoise MUYARD infirmière vont parler du «Travail de liaison en Psychiatrie» en utilisant en particulier la notion « d’accordage », manière d’être en relation dans un registre émotionnel compréhensible par l’autre et le « pas de côté» du thérapeute qui utilise « l’alliance ».



Docteur Jean-Paul BOYER





 

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Mise à jour le Dimanche, 13 Février 2022 15:42  

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